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Photo : Agence Zoom

Elles sont quatre, elles sont talentueuses, elles sont exemplaires. Leurs sourires et leur complicité sont communicatifs. Leur travail, leur opiniâtreté et leur esprit d’équipe les ont menées sur la troisième marche de ce podium olympique du relais femmes de biathlon. Une médaille de bronze qu’elles sont allées chercher en se battant jusqu’au bout, même si l’argent leur est passé sous le nez pour quelques secondes à peine, suite à l’accélération de la révélation suédoise de ces jeux, Hanna Oeberg, âgée de 22 ans seulement et championne olympique du 15 km, qui double Anaïs Bescond dans le dernier tour. Quoi qu’il en soit, le bonheur partagé qui transpirait à la fin de la compétition faisait plaisir à voir. D’autant que Marie Dorin-Habert l’a fait savoir depuis quelque temps déjà, ces jeux sont les derniers auxquels elle participe. Ce dernier relais couronné de bronze lui permet, comme à ses co-équipières, de clôturer une quinzaine exceptionnelle et de tourner une page de belle manière.

 


Et pourtant, elle n’était pas gagnée d’avance cette médaille pour la jeune mère de famille, quintuple championne du monde et double médaillée olympique avant de se rendre à PyeongChang. Pour elle, la saison avait mal commencé. En méforme complète, incapable de produire son ski ni son tir, Marie ne parvenait plus à entrer dans le top 10, encore moins à monter sur un podium depuis le début de l’hiver. Après quelques jours de repos fin janvier, quelques forces lui semblaient revenues et le staff lui faisait confiance qui la sélectionnait pour les Jeux Olympiques. Et bien lui en a pris. La biathlète aux 17 médailles mondiales et 61 podiums en coupe du monde réussissait à retrouver son niveau dès la poursuite avec une 4ème place. Puis obtenait l’or en relais mixte avec Anaïs Bescond, Martin Fourcade et Simon Desthieux. Grâce à cette médaille de bronze, la championne termine en beauté une magnifique carrière sportive avec ses co-équipières et amies, qu’elle a plaisir à voir rentrer elles aussi médaillées. Marie quittera l’équipe de France en fin de saison mais ne quittera pas définitivement le biathlon puisqu’elle projette d’ouvrir dès l’automne prochain un centre d’entraînement avec son mari Loïs Habert et leur ami Robin Duvillard, ancien membre de l’équipe de France de ski de fond.

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Photo : AFP / François-Xavier MARIT

Anaïs Bescond, c’est l’autre biathlète de l’équipe de France féminine qui réussit ces jeux. A peine plus jeune que Marie Dorin-Habert, la désormais triple médaillée olympique n’en était pas tout à fait à son coup d’essai. Discrète, la jurassienne, qui s’était déjà illustrée à sept reprises en championnats du monde, était montée 31 fois sur un podium de coupe du monde avant de se rendre à PyeongChang. Il est vrai qu’elle n’était pas non plus au meilleur de sa forme en début de saison et n’avait réussi à entrer dans le top 3 que lors des compétitions pas équipe. Mais c’est là que l’expérience entre en jeux, c’est le cas de le dire. Avec pas moins de 238 départs en coupe du monde, la participation à 6 championnats du monde et aux JO de Sotchi en 2014, Anaïs a su garder son calme et se montrer présente le jour J. L’encadrement ne s’y est pas trompé, lui donnant sa chance, tout comme à Marie. Les prochains jeux, y pense-t-elle ? La biathlète ne sait pas si elle sera encore sur les skis dans quatre ans, mais elle avait dit la même chose après Sotchi. Alors on lui souhaite d’aller chercher à Pékin quelques nouvelles breloques pour compléter sa collection.

 

Anaïs Chevalier est celle qui a lancé le relais olympique ce jour. L’iséroise, entrée sur le circuit international en 2013, s’est rapidement illustrée au plus haut niveau. Avec 11 podiums en coupe du monde et 5 médailles en championnats du monde, 2 titres de championne d’Europe en 2013, elle a su prouver rapidement qu’elle serait une alliée précieuse pour les épreuves par équipe. Autour de son cou aujourd’hui elle accroche le bronze olympique, mais sa carrière est loin d’être terminée. Elle sera sans aucun doute l’un des piliers de l’équipe de France pour les années à venir.

 

Justine Braisaz enfin est la petite jeune de ce relais bronzé. A 21 ans elle nous prouve que la valeur n’attend pas le nombre des années ! Déjà auteure de 13 podiums en coupe du monde et trois fois médaillée en relais aux championnats du monde, la savoyarde a su s’imposer rapidement au plus haut niveau, et a démarré l’hiver en trombe. Médaillée d’argent sur la première course de la saison à Ostersund en Suède en sprint et en individuel, elle s’impose pour la première fois devant son public, lors de la mass start du Grand Bornand, montrant ainsi qu’elle est en forme. Justine, représente la relève de cette belle équipe française et on devrait la voir encore longtemps sur le circuit.

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Ces jeunes femmes nous ont montré aujourd’hui qu’en plus du talent elles avaient du coeur. Heureuses d’avoir réussi en équipe, elles n’ont pas manqué de remercier l’ensemble du staff, techniciens, entraîneurs et autres préparateurs, sans oublier de saluer leur co-équipières de la coupe du monde, non qualifiées pour ces épreuves olympiques faute de place dans les quotas, Célia Aymonier et Chloé Chevalier (qui n’est autre que la petite soeur d’Anaïs). Une page se tourne donc avec le départ de Marie Dorin-Habert, mais l’équipe est là qui est forte et déjà expérimentée. Le relais se transmet surement et sereinement depuis des années en biathlon du côté des femmes.  On s’en souvient, les premières furent Anne Briand, Véronique Claudel et Corinne Niogret. Elles étaient alors entrées dans l’histoire en remportant le premier titre de la discipline lors des Jeux olympiques d’Albertville en 1992. Par la suite, quatre autres médailles ont été remportées par les françaises lors des relais olympiques (bronze en 1994 à Lillehammer, en 2006 à Turin et ce jour à PyeongChang, argent en 2010 à Vancouver). Pas si mal sur huit olympiades. Tout laisse à penser que nos biathlètes continueront à porter haut les couleurs nationales dans les années à venir et pourquoi pas dans quatre ans à Pékin ?

 

 


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